Une rencontre bilatérale s’est tenue par visioconférence entre une délégation du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme (PADS), parti communiste, et une délégation du Front communiste (Italie).
Après des salutations fraternelles, les deux délégations ont présenté l’histoire, l’activité et l’orientation idéologique de leurs partis. Elles ont réaffirmé leur attachement au marxisme-léninisme, à l’internationalisme prolétarien et à la nécessité de renforcer la coopération entre les partis communistes et ouvriers dans la lutte contre le capitalisme, l’impérialisme et l’opportunisme.
Les échanges ont porté sur la situation du mouvement communiste et ouvrier international. Les deux délégations ont souligné que le réformisme, la social-démocratie et l’opportunisme ont contribué à désorienter le mouvement ouvrier, à affaiblir les partis communistes et à favoriser les offensives du capital contre les droits des travailleurs. Elles ont réaffirmé la nécessité de reconstruire un mouvement communiste fort sur des bases marxistes-léninistes, de renforcer la lutte idéologique contre toutes les formes de collaboration de classe et de développer l’unité de la classe ouvrière sur une orientation révolutionnaire et internationaliste.
La délégation algérienne a présenté son analyse du développement capitaliste en Algérie. Elle a souligné que les hydrocarbures demeurent le principal secteur d’accumulation du capital et que les contradictions entre les différentes fractions de la bourgeoisie se manifestent dans la lutte pour le contrôle de l’appareil d’État, de la rente énergétique et des principaux secteurs de l’économie. Malgré les politiques de diversification, l’économie reste fortement dépendante des exportations d’hydrocarbures ainsi que des relations technologiques, financières et commerciales avec les principaux centres capitalistes. Le chômage, la précarité, les inégalités sociales et les insuffisances du développement industriel ont été analysés comme des expressions des contradictions du mode de production capitaliste.
La délégation italienne a présenté son analyse de la situation économique, sociale et politique en Italie. Elle a souligné que l’aggravation du coût de la vie, l’inflation, la précarisation du travail, les attaques contre les conventions collectives, les privatisations, le recul des services publics et l’augmentation des dépenses militaires traduisent les besoins du capital monopoliste italien et les engagements de l’État italien au sein de l’Union européenne et de l’OTAN. Elle a également mis en évidence que, confrontée à l’approfondissement de la crise du capitalisme et à la montée des luttes sociales et politiques, en particulier des courants révolutionnaires prolétariens, la bourgeoisie développe une stratégie de contre-révolution préventive, combinant le renforcement des dispositifs répressifs, les restrictions des libertés démocratiques, la criminalisation des mouvements de lutte et l’intensification de la propagande anticommuniste. Les deux délégations ont réaffirmé que les intérêts de la classe ouvrière sont inconciliables avec ceux du capital et que seule une lutte indépendante contre les monopoles, les unions impérialistes et le pouvoir du capital peut ouvrir la voie au socialisme.
Les deux délégations ont examiné les développements en Afrique du Nord et les contradictions inter-impérialistes qui traversent la région. Elles ont estimé que la concurrence entre les États-Unis, l’Union européenne, la Chine, la Russie, la Turquie et les monarchies du Golfe reflète les rivalités entre puissances capitalistes pour le contrôle des marchés, des ressources naturelles, des infrastructures stratégiques et des voies de communication. Elles ont réaffirmé que la classe ouvrière ne doit soutenir aucun camp impérialiste mais développer sa propre lutte contre le capital et ses alliances.
Les échanges ont également porté sur la question du Sahara occidental. Les deux partis ont réaffirmé leur soutien au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, en soulignant que cette question doit être envisagée indépendamment des intérêts des différentes bourgeoisies et des rivalités impérialistes qui traversent la région.
Concernant la Palestine, les deux délégations ont condamné le soutien politique, diplomatique, économique et militaire apporté par l’État italien à Israël dans le cadre de ses alliances impérialistes. Elles ont réaffirmé leur entière solidarité avec la lutte du peuple palestinien contre l’occupation, la colonisation et toutes les formes de domination impérialiste, ainsi que son droit à l’autodétermination et à la création de son État indépendant.
Les deux partis ont salué les nombreuses mobilisations de solidarité développées par les travailleurs italiens, les syndicats de classe, les organisations populaires et les communistes italiens en faveur du peuple palestinien. Ils ont notamment mis en avant les actions des travailleurs portuaires ayant refusé le chargement ou le transit de cargaisons d’armes destinées à Israël. Ils ont également souligné que d’importantes manifestations populaires ont été organisées et animées par le Front de la jeunesse communiste affilié au Front communiste (Italie), notamment dans la capitale, Rome, contribuant à renforcer la solidarité avec le peuple palestinien et à développer la mobilisation contre la politique impérialiste du gouvernement italien. Les deux délégations ont insisté sur le rôle fondamental de la jeunesse communiste dans le développement de la conscience de classe des nouvelles générations ainsi que sur celui des syndicats de classe dans l’organisation indépendante des travailleurs, le renforcement de la lutte contre les monopoles et la défense des intérêts de la classe ouvrière face au patronat et à l’État bourgeois.
Une partie importante de la rencontre a été consacrée aux relations économiques et politiques entre l’Italie et l’Algérie. Les deux délégations ont analysé le développement des investissements du capital italien, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de l’industrie, de l’agriculture, des télécommunications et des nouvelles technologies. Elles ont porté une attention particulière au rôle du groupe ENI ainsi qu’au Plan Mattei pour l’Afrique, analysé comme un instrument de la stratégie du capital italien visant à renforcer sa position dans la concurrence inter-impérialiste, à sécuriser son approvisionnement énergétique et à élargir ses possibilités d’investissement sur le continent africain.
Les deux partis ont souligné que les discours officiels sur le « partenariat stratégique », le « codéveloppement » ou la « coopération gagnant-gagnant » ne peuvent masquer les intérêts de classe qui déterminent les relations économiques entre États capitalistes. Ils ont rappelé que ces relations s’inscrivent dans les lois du développement du capitalisme monopoliste, caractérisées par la concentration du capital, l’exportation des capitaux, la concurrence entre monopoles et les rivalités inter-impérialistes.
Enfin, les deux délégations ont réaffirmé leur volonté de renforcer leurs relations bilatérales, de développer leurs échanges théoriques et politiques, de consolider les liens entre les partis communistes, la jeunesse communiste et le mouvement syndical de classe, et d’approfondir leur coopération dans l’étude des transformations du capitalisme contemporain, des contradictions du système impérialiste international et des perspectives de la lutte révolutionnaire. Elles ont réaffirmé que la perspective du socialisme, fondée sur la propriété sociale des moyens de production, la planification centrale scientifique de l’économie et le pouvoir ouvrier, demeure la seule alternative aux contradictions du système capitaliste.
La rencontre s’est déroulée dans un climat de fraternité militante, de dialogue constructif et de solidarité internationaliste. Les deux délégations sont convenues de poursuivre leurs échanges réguliers, de renforcer leur coopération politique et idéologique et de développer des initiatives communes sur les principales questions intéressant le mouvement communiste et ouvrier international.








